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Lettre à François, 5 ans, futur entrepreneur

Publié par François Lambert le

J’aime bien écrire à l’occasion à ce jeune homme.

Aussi longtemps que je me souvienne, je voulais être mon boss. Pourquoi ?

Je ne sais pas, mon grand-père était entrepreneur, mon père était entrepreneur, mais on n’en parlait pas vraiment.

Je suivais mon père lorsqu’il allait acheter son stock chez son fournisseur.

Des bébelles à 5, 10 et 15 cents, « made in Taiwan ». J’étais toujours un peu traumatisé, car le monsieur demandait toujours à mon père quel âge avait sa fille !

La fille c’était moi  et en plus, cet homme me demandait ce que je voulais faire plus tard.

J’avais 5 ans et je le savais déjà.

Je répondais toujours : « comme mon père ! » La réalité, je ne savais pas vraiment ce que mon père faisait, mais j’étais traumatisé de répondre alors c’était la réponse la plus facile.

Mais en 1972, tu étais sois syndiqué ou ton propre boss ! J’avais beau être jeune, mais je voyais les entrepreneurs heureux et avec de l’ambition et les amis de mes parents qui étaient syndiqués et qui venaient prendre une caisse de bière chez nous chialaient constamment.

« Les ostis de boss qui volent le pauvre monde »
contre
« Les boss qui voient des opportunités »

C’était un verre à moitié vide contre un verre à moitié plein.

Donc c’est dans cet environnement que l’idée de devenir « boss » a germé [le mot entrepreneur était « réservé » aux gens de la construction].

Puis, le déclic final s'est fait vers l’âge de 8 ans. Le vétérinaire qui venait soigner les moutons respirait le bonheur. Il arrivait avec son cigare, soignait les animaux et il voulait m’acheter. Avec une voix portante et forte, il disait à mon père :

« Combien pour le petit garçon ? »

Mon père répondait constamment : « On en jasera tantôt »

Heuuuuu, il veut me vendre ? On n’était pas riche alors c’était inquiétant .

Ce que je retenais par contre, c’est qu’il avait l’air heureux et qu’il repartait de la ferme avec de l’argent.

C’était final ! je devais être en affaires.

Le bonheur et l’argent ! That’s it.

Certains diront: Le bonheur, l'argent et les femmes!  Je vous laisse gérer ça!

L’entrepreneuriat n’est pas toujours rose, loin de là. Des fois, le clown ne rit plus, mais les entrepreneurs ont la capacité d’oublier rapidement une mauvaise journée dès qu’une bonne journée se présente.

Une journée on veut tout vendre, l’autre journée on veut prendre de l’expansion.