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La ferme possible

Publié par François Lambert le

Je lisais dans La Presse hier sur un cultivateur qui a écrit un livre : « La ferme impossible ».

Le rêve de Dominic Lamontagne est d’avoir 2 vaches, 200 poules et 500 poulets.

Pour réaliser son rêve, il doit se battre contre 3 fédérations afin de faire changer les règles et une 4e concernant les abattoirs.

Aussi bien dire qu’il rêve en couleurs!

Au Québec, il n’est pas possible de transformer son lait et le revendre à la ferme. Avec les pressions internationales concernant les tarifs sur le lait, la fédération des producteurs de lait en ont plein les bras, alors ce n’est pas leur priorité. Cette possibilité n’arrivera jamais.

Les poules, ça aurait pu être possible, car la limite est de 100 au Québec. Je pense qu’avec un peu de bon sens, ils pourraient les monter à 300. Mais pour ça, il va falloir que le ministre Lamontagne fasse un coup d’éclat. Ça n’arrivera jamais, attendons d’avoir un autre ministre.

Les poulets, encore là, la limite est de 100 poulets. Si vous voulez en revendre, il faut passer par un abattoir.

Et encore, il y a un problème, car il n’y a plus d’abattoir ou presque plus.

Donc, il reste 2 solutions : faire comme tout le monde et acheter des fermes avec des contingents, mais cela veut dire de débourser près de 2 millions de dollars.

C’est presque impossible pour un jeune de trouver les fonds.

L’autre solution est de jouer avec les règles en place et d’être imaginatif.

La ferme possible en 2020 implique le commerce en ligne. On ne peut s’en sortir. Et je suis en train de prouver qu’en respectant les règles, une ferme sans contingent peut être rentable.

Ma ferme qui n’était pas rentable est en train de le devenir en moins d’un an et a 3 salariés maintenant.

Il faut revenir à la base et vendre directement au consommateur.

La ferme possible en 2020, elle est presque possible.

Elle implique le sirop d’érable vendu directement au consommateur, de faire du miel. Il y a une pénurie de miel au Québec, c’est le moment de prendre des parts de marché!

Ensuite des paniers de légumes. Avec 1 acre de terrain et quelques serres, il est possible d'ajouter quelques milliers de dollars à son revenu.

Ce qui manquerait, ce serait le droit d’abattre les animaux à la ferme. Si les règles changeaient, je crois que la ferme impossible deviendrait possible.

Les œufs, j’ai découvert cette semaine qu’il y avait des règles dans les règles. Il n’est pas possible d’avoir plus de 100 poules pondeuses. Mais, dans cette règle, on ne peut pas vendre nos œufs en ligne si l’acheteur est à plus de 150 km du lieu de ponte. Ça, ça doit sauter comme règlement. C’est d’un ridicule absolu.

L’an passé, je voulais me lancer dans l’élevage intensif des lapins, mais j’ai abandonné, car l’abattoir est trop loin de chez moi. Maintenant, je veux le refaire, mais à petite échelle (environ 500 lapins annuellement), mais c’est impossible, l’abattoir est a 400 km de la ferme.

Vivement un abattoir à la ferme!

Je rêve d’une campagne différente, je rêve d’un gouvernement qui va avoir le « guts » d’affronter l’UPA afin de moderniser les règles archaïques en place.

La ferme du futur est possible, mais je ne rêve pas en couleur .