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L’argent ne sera jamais assez

Publié par François Lambert le

En 1990, je viens de faire un grand pas pour ma carrière : après 9 mois comme commis à l’entrée de données à Statistiques Canada, je devenais un analyste financier.

J’habitais Hull à ce moment-là et j’avais terminé mes études pour être analyste financier.

Je n’ai pas d’expérience, je ne suis pas une femme, je ne suis pas autochtone, je ne fais pas partie d’une minorité visible et je n’ai pas de handicap.

Mes chances d’avoir un emploi au gouvernement fédéral dans mon domaine est presque mission impossible.

Je vois un poste comme commis à l’entrée de données, alors j’applique.

Je passe l’entrevue et j’ai le poste. Qui veut faire de l’entrée de données comme un robot à temps plein ? Ça a l’air que personne ne voulait faire ce travail.

Moi non plus, mais je voulais mettre un pied dans l’engrenage pour éventuellement voir les postes affichés.

À long terme, je savais que je voulais me lancer en affaires, mais « en attendant », je devais travailler le temps que je trouve mon idée du siècle.

L’idée qui me fera dire : « fuck toute, je me lance en affaires ! »

Parce que pour se lancer en affaires, il faut la dire cette phrase.

Se lancer en affaires c’est un peu comme compter jusqu’à 3 quand on veut donner un avertissement aux enfants.

1, 2, 2 1/4, 2 1/2, 2 3/4.

« Heille, j’ai dit que je comptais jusqu’à 3 »

On a la chienne de faire le saut.

Je n’avais pas la chienne, je n’avais pas d’idées.

Ben j’en avais une, mais je n’avais pas d’argent.

Je voulais imprimer les nouvelles du jour sur les napperons des restaurants et les distribuer comme des journaux, chaque matin.

Juste des petites nouvelles à la Twitter !

Je ne l’ai pas fait alors je me cherchais une job pour ne pas faire de l’entrée de données à vie chez Statistiques Canada.

Un poste d'analyste financier vient d'être afficher!

« La priorité sera donnée aux femmes, aux autochtones et aux minorités visibles »

« Sacrament, qu’est ce que j’ai fait au monde pour être un homme blanc ? Je veux juste travailler dans mon domaine pas réécrire l’histoire ».

J’ai finalement l’emploi et je dis à une de mes collègues :

« Enfin, je suis riche (mon salaire était de 42 000$ et j’avais 23 ans ! »

Puis elle me dit :

« François, je te connais depuis 9 mois, mais je te connais assez pour savoir que l’argent ne sera jamais assez ! »

Cette phrase est restée gravée dans ma mémoire pendant des années.

Jusqu’à ce que je me lance en affaires. Je me suis lancé en affaires pour faire de l’argent, mais je n’ai jamais travaillé pour l’argent.

C’est le désir de changer les choses, de faire plaisir aux gens qui m’ont toujours motivé.

Tout en ayant en arrière-pensée : « C’est ben mieux de payer un jour ! »